Comment louer un local commercial dans le 2e arrondissement de Paris ?
Dans le 2e arrondissement, la première question n’est pas le loyer mais la destination : des quartiers entiers sortent de décennies de commerce de gros textile, et les baux comme les règlements de copropriété ont été écrits pour cette activité. Montorgueil, le Sentier, la Bourse, les Grands Boulevards et les passages couverts n’accueillent ni les mêmes commerces, ni les mêmes clientèles, ni le même calendrier de semaine. Ce guide détaille ce qu’un local vous autorisera réellement à faire, ce que coûte une installation, et ce qu’un propriétaire exige avant de signer.
Sommaire
- Location pure, droit au bail ou fonds de commerce : quelle voie dans le 2e ?
- Pourquoi la destination du bail est le point décisif dans le 2e ?
- Quelles rues choisir pour ouvrir un commerce dans le 2e ?
- Quelles surfaces et quelles configurations trouve-t-on dans le 2e ?
- Combien coûte réellement l’installation dans un local du 2e ?
- Dépôt de garantie, GAPD ou caution : quelles garanties demande un bailleur ?
- Comment se présente une offre de location et que peut-on négocier ?
- Que vérifier dans le bail avant de signer dans le 2e ?
Location pure, droit au bail ou fonds de commerce : quelle voie dans le 2e ?
Trois voies permettent d’entrer dans un local commercial, et elles ne concernent pas les mêmes adresses.
La location pure. Vous signez un bail neuf directement avec le propriétaire, au loyer du marché, sans rien verser à personne d’autre. Ni droit d’entrée, ni droit au bail : le budget d’entrée se limite aux garanties, aux honoraires et aux travaux. Dans le Sentier, le départ progressif des grossistes libère régulièrement des locaux, et cette voie y est nettement plus fréquente qu’ailleurs dans le centre de Paris.
La reprise d’un droit au bail. Vous rachetez au locataire en place le bail qu’il détient, avec son loyer, sa destination et sa durée restante, sans reprendre son activité. Rue Montorgueil, dans les rues piétonnes voisines et dans les passages couverts, où l’offre est rare et la demande constante, c’est la règle. Ce qui se paie alors, c’est le droit d’occuper une adresse.
Le rachat d’un fonds de commerce. Vous achetez l’activité elle-même : la clientèle, l’enseigne, le nom commercial, le matériel, les contrats, et le droit au bail qui en fait partie. C’est la voie des commerces de bouche et des restaurants installés de longue date sur Montorgueil, dont la clientèle est attachée au lieu autant qu’à l’enseigne.
Pourquoi un droit au bail a un prix : lors des renouvellements, le loyer d’un bail commercial est en principe plafonné, et il progresse moins vite que la valeur locative réelle. Au fil des années, un écart se creuse entre ce que paie le locataire en place et ce que le propriétaire obtiendrait d’un nouveau preneur. Cet écart a une valeur, et c’est elle que le locataire sortant vous cède, calculée sur la durée restante du bail. Sur une artère comme Montorgueil, l’emplacement prime sur l’arithmétique : quand presque rien ne se libère, un preneur paie au-delà de ce que l’économie de loyer justifierait, parce que la valeur, pour son activité, c’est d’être là.
Le piège propre au 2e tient à la destination, et il mérite sa propre section.
Pourquoi la destination du bail est le point décisif dans le 2e ?
Reprendre à bon prix le bail d’un grossiste en textile, c’est reprendre une destination de commerce de gros. Si vous voulez y ouvrir une boutique au détail, un showroom, un café ou un restaurant, l’activité n’est pas couverte, et le local que vous croyiez avoir trouvé ne vous sert à rien.
Deux mécanismes permettent d’en sortir :
- L’adjonction d’activités connexes ou complémentaires, prévue à l’article L145-47 du Code de commerce. Le preneur informe le propriétaire par acte de commissaire de justice ; celui-ci peut contester le caractère connexe de l’activité ajoutée.
- La déspécialisation plénière, prévue à l’article L145-48, pour changer complètement d’activité. La procédure est encadrée, le propriétaire peut s’y opposer pour motif grave et légitime, et il peut demander en contrepartie une indemnité ainsi qu’une révision du loyer correspondant à la nouvelle activité.
Autrement dit, un droit au bail bon marché dans le Sentier peut coûter très cher une fois la déspécialisation obtenue, parce que le loyer, lui, aura été revu.
Et dans l’autre sens, au moment de signer : faites rédiger une destination précise mais la plus large possible. C’est elle qui déterminera, demain, à qui vous pourrez céder votre fonds de commerce. Une destination étroite réduit le nombre d’acquéreurs, une destination étendue les multiplie, et cela se lit directement dans le prix de cession.
Quelles rues choisir pour ouvrir un commerce dans le 2e ?
Le 2e est petit, mais il réunit cinq marchés qui n’ont presque rien en commun.
- La rue Montorgueil et ses rues piétonnes voisines, rue Tiquetonne, rue Mandar, rue Marie-Stuart : le commerce de bouche et la restauration, un flux piéton continu, un samedi et un dimanche très forts. L’offre y est rare et les candidats nombreux.
- Le Sentier (rue d’Aboukir, rue du Caire, rue de Cléry, rue Saint-Spire) : l’ancien quartier du textile en gros, en mutation vers la restauration, les showrooms et les bureaux. Des locaux plus grands, souvent dotés de vastes réserves, des loyers plus accessibles, et c’est là que les questions de destination se posent le plus.
- La Bourse (rue du Quatre-Septembre, rue Vivienne, rue de Richelieu, rue des Petits-Champs) : une économie de semaine. Restauration du midi, services aux salariés, et un quartier qui se vide le week-end.
- Les Grands Boulevards (boulevard Poissonnière, boulevard Montmartre) : un flux massif, loisirs, restauration rapide, grandes enseignes, des surfaces plus importantes.
- Les passages couverts (galerie Vivienne, passage des Panoramas, passage Choiseul, passage du Grand-Cerf) : des petites surfaces, une clientèle de destination, des commerces de caractère. Ces passages ont leurs propres règles de copropriété, d’horaires d’ouverture et d’enseigne.
Un restaurant qui vit du déjeuner de bureaux n’a pas sa place là où le commerce vit du week-end, et l’inverse est tout aussi vrai. Dans le 2e, le calendrier de la clientèle compte autant que son volume.
Quelles surfaces et quelles configurations trouve‑t‑on dans le 2e ?
La surface pondérée. Un loyer ne se raisonne jamais en surface brute. La surface de vente en rez-de-chaussée compte pleinement ; les réserves et sous-sols comptent pour une fraction, selon leur accessibilité et leur utilité commerciale. C’est déterminant ici, où beaucoup d’anciens locaux de grossistes comportent de très grandes réserves : deux locaux de 200 m² bruts peuvent avoir des valeurs locatives très éloignées.
La vitrine et le linéaire. Rue Montorgueil ou sur les Grands Boulevards, la largeur de vitrine pèse autant que la surface. Une boutique profonde et étroite se loue moins cher qu’une boutique large à surface égale, simplement parce qu’elle se voit moins.
Les locaux d’angle. Fréquents dans le quartier, très recherchés en restauration : deux façades, davantage de lumière, une terrasse possible sur deux côtés.
L’accueil du public. Un local recevant du public relève d’un classement ERP, le plus souvent de 5e catégorie, avec des obligations de sécurité et d’accessibilité. Un ancien local de gros n’a presque jamais les sanitaires, les issues et les réseaux d’un commerce ouvert au public : le changement d’usage se paie en travaux.
Combien coûte réellement l’installation dans un local du 2e ?
Le loyer affiché n’est pas ce que vous paierez. Le coût réel d’occupation additionne :
- le loyer, exprimé par an, hors taxes et hors charges. Il se paie traditionnellement par trimestre et d’avance. Depuis la loi du 26 mai 2026, le preneur d’un local de commerce de détail ou de gros, ou de prestations de services commerciales ou artisanales, peut demander le paiement mensuel, à condition d’être à jour de ses loyers et de ses charges. Cette faculté est d’ordre public, elle s’applique aux baux en cours et prend effet dès l’échéance suivante. Sur une trésorerie de démarrage, l’écart entre un trimestre d’avance et un mois d’avance est considérable.
- la TVA sur le loyer si le propriétaire a opté : récupérable si votre activité y est assujettie, charge réelle sinon ;
- les charges et la taxe foncière, refacturables uniquement si le bail le prévoit, dans la limite de l’inventaire précis et limitatif annexé au bail ;
- le prix d’entrée : droit au bail versé au locataire sortant, ou droit d’entrée versé au propriétaire ;
- les garanties : dépôt de garantie et, de plus en plus souvent, garantie bancaire ;
- les honoraires de l’agence, le plus souvent à la charge du preneur ;
- les travaux, et c’est le poste qui fait déraper les budgets dans le 2e.
Exemple de calcul, sur des hypothèses illustratives qui ne constituent pas une référence de marché :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Loyer annuel hors taxes, hors charges | 48 000 € |
| Charges et taxe foncière refacturées | 7 000 € |
| Coût annuel d’occupation | 55 000 € HT, soit environ 4 580 € par mois |
| Garanties, un trimestre de loyer (plafond légal) | 12 000 € |
| Honoraires, hypothèse de 30 % du loyer annuel | 14 400 € HT |
| Premier terme de loyer payable d’avance | un trimestre, ou un mois si le preneur demande la mensualisation |
| Travaux de transformation d’un ancien local de gros | à chiffrer avant l’offre |
Un local annoncé 4 000 € par mois coûte donc environ 4 580 € hors taxes par mois. Et avant d’avoir ouvert, près de 38 400 € sont déjà sortis, hors droit au bail et hors travaux. C’est ce chiffre, et non le loyer, qu’il faut avoir en tête avant de démarrer son projet, pour être prêt le jour où le bon local se présente.
La transformation d’un local de grossiste en commerce ouvert au public demande des sanitaires, des réseaux, parfois une extraction, et une mise en conformité. C’est précisément ce qui justifie de demander une franchise de loyer : quelques mois offerts en contrepartie des travaux engagés. Sur un local nécessitant une remise en état lourde, ce n’est pas une faveur, c’est une pratique courante.
Dépôt de garantie, GAPD ou caution : quelles garanties demande un bailleur ?
C’est le point qui a le plus changé récemment, et beaucoup d’intervenants raisonnent encore avec les règles d’avant.
Jusqu’en mai 2026. Le dépôt de garantie se situait entre trois et six mois de loyer hors taxes et hors charges, et le bailleur pouvait y ajouter librement d’autres sûretés : garantie autonome à première demande, caution bancaire, caution personnelle du dirigeant, garantie de la société mère. Pour une société récente, un dépôt de trois mois assorti de six à douze mois de garantie bancaire était courant à Paris.
Depuis la loi du 26 mai 2026. La loi n° 2026-403 de simplification de la vie économique a réécrit l’article L145-40 du Code de commerce. L’ensemble des garanties exigibles du preneur est désormais plafonné à un trimestre de loyer. Le texte ne vise pas seulement le dépôt : il couvre aussi les engagements et garanties de toute nature demandés pour assurer la bonne exécution du bail.
Concrètement, un bailleur ne peut plus additionner un dépôt de garantie et une garantie bancaire au-delà de ce plafond. La règle est d’ordre public : une clause qui l’excède est réputée non écrite, et la garantie est ramenée au maximum légal.
Ce qui se négocie désormais, ce n’est plus le montant, mais la forme : dépôt de garantie, garantie bancaire, caution du dirigeant, ou une combinaison des trois dans la limite du trimestre. Et la durée : une garantie dégressive, qui diminue après deux années de paiements réguliers, reste une demande légitime, à écrire dans le bail dès la signature.
Les formes de garantie. Le dépôt de garantie, versé au bailleur et restitué en fin de bail. La garantie autonome à première demande, ou GAPD, par laquelle une banque s’engage à payer à la simple demande du bailleur, sans pouvoir opposer les contestations du locataire, prévue à l’article 2321 du Code civil. La caution bancaire classique, qui peut opposer les mêmes exceptions que le locataire, donc moins protectrice pour le bailleur. La caution personnelle du dirigeant, qui engage le patrimoine privé. La garantie de la société mère, pour les filiales.
Ce qu’une garantie bancaire coûte au preneur. Une commission annuelle, souvent de l’ordre de 1 à 2 % du montant garanti, et presque toujours le nantissement d’un compte bloqué du même montant : la trésorerie est immobilisée pendant toute la durée de la garantie. C’est un poste à chiffrer dès la recherche du local.
Quels locaux sont concernés. Les locaux destinés à une activité de commerce de détail ou de gros, et les prestations de services à caractère commercial ou artisanal. Les bureaux à usage exclusif et les entrepôts en sont exclus.
Pour les baux signés avant la loi, les conditions négociées à l’époque continuent de produire effet. Le plafond s’applique aux baux conclus ou renouvelés depuis l’entrée en vigueur du texte : un renouvellement fait donc entrer le bail dans le nouveau régime.
Ce que cela change dans la pratique. La garantie protégeant moins le bailleur, c’est le dossier du candidat qui fait désormais la différence : bilans, prévisionnel, apport, expérience du dirigeant, cohérence du concept avec l’emplacement. À garantie égale, c’est la qualité du dossier qui emporte la décision.
Comment se présente une offre de location et que peut‑on négocier ?
Une offre de location n’est pas un simple montant. Elle décrit le preneur, le projet et les conditions, et c’est sur sa qualité que le propriétaire choisit entre plusieurs candidats au même loyer.
Elle comporte l’identité du preneur et de son représentant, l’activité précise et la destination demandée, le loyer proposé, les charges et la taxe foncière, le dépôt de garantie et les garanties offertes, la durée et les éventuelles périodes fermes, la date d’entrée souhaitée, les travaux envisagés et les conditions suspensives.
Dans notre pratique, trois formes d’offre reviennent :
| Forme | Principe | Quand l’utiliser |
|---|---|---|
| Offre classique | un loyer de marché, des conditions standard | dossier solide, local demandé |
| Offre avec droit d’entrée | un loyer plus bas contre une somme versée à l’entrée | le bailleur veut un revenu immédiat, ou préserver la valeur locative affichée de son immeuble |
| Offre à loyer progressif | un loyer réduit les premières années, puis croissant | activité qui monte en puissance, travaux lourds à amortir, local à remettre en état |
Ce qui se négocie réellement : la franchise de loyer, la répartition des travaux, le niveau et la dégressivité des garanties, la durée ferme, qui rassure le bailleur et peut faire baisser le loyer, la destination, qu’il vaut mieux faire élargir avant de signer, et les conditions de cession, qui protègent votre sortie.
Ce qui ne se négocie presque jamais : la refacturation de la taxe foncière dans un immeuble où elle est d’usage, et l’indexation annuelle du loyer.
Que vérifier dans le bail avant de signer dans le 2e ?
- La destination. Elle doit décrire votre activité avec précision, mais la plus large possible, parce qu’elle fixera le nombre d’acquéreurs de votre fonds le jour où vous céderez. L’élargir après coup suppose une déspécialisation, avec l’accord du bailleur, une indemnité possible et une révision du loyer.
- La cession de votre fonds de commerce. Elle emporte le bail avec elle, et aucune clause ne peut l’interdire : l’article L145-16 du Code de commerce répute non écrite toute clause interdisant au locataire de céder son bail à l’acquéreur de son fonds. Le bail peut seulement en encadrer la forme : information du bailleur, intervention à l’acte, et une clause de garantie solidaire du cédant, qui ne peut être invoquée que pendant trois ans à compter de la cession. Le bailleur doit en outre informer le cédant de tout défaut de paiement du cessionnaire dans le mois qui suit.
- La cession du droit au bail seul, sans votre fonds de commerce. Celle-là, le bail peut parfaitement l’interdire ou la soumettre à l’accord du propriétaire, et c’est licite. C’est elle qui décide si vous pourrez un jour partir en cédant seulement le bail.
- Les activités autorisées par le règlement de copropriété. Le bail et le règlement sont deux documents distincts, et le second prime. Dans le 2e, où beaucoup d’immeubles abritaient du commerce de gros, les règlements excluent fréquemment la restauration, les commerces de bouche et les activités génératrices d’odeurs ou de bruit. Le propriétaire ne peut pas vous louer plus de droits qu’il n’en détient lui-même.
- Les travaux votés en assemblée générale. Demandez les procès-verbaux des trois dernières assemblées et l’état des appels de fonds. Un ravalement ou une réfection de toiture votés avant votre entrée peuvent se traduire par des charges exceptionnelles et une vitrine masquée par un échafaudage pendant des mois.
- L’extraction, dans le détail. Pour toute activité avec cuisson : le conduit est-il intérieur, intégré à l’immeuble, ou extérieur, plaqué en façade ou en cour ? Quel est son diamètre, et sort-il bien en toiture ? Le droit de l’utiliser est-il attaché au lot ou soumis à une autorisation de l’assemblée générale ? Un conduit sous-dimensionné, ou dont l’usage n’est pas acquis, revient à ne pas avoir d’extraction.
- La surface retenue pour le loyer, en surface pondérée et non brute, réserves et sous-sols compris.
- L’inventaire des charges, obligatoire depuis la loi Pinel : ce qui n’y figure pas ne peut pas vous être refacturé.
- Les travaux à votre charge. Les grosses réparations au sens de l’article 606 du Code civil ne peuvent pas être mises à la charge du preneur. Le bail doit comporter un état prévisionnel des travaux des trois années à venir.
- L’indexation, en principe l’ILC pour une activité commerciale, et sa date de référence.
- L’ouverture le dimanche. De nombreuses activités ouvrent le dimanche dans le 2e : la restauration, les cafés et l’hôtellerie bénéficient d’une dérogation permanente au repos dominical. Pour les autres commerces, les possibilités dépendent de l’activité exercée et de l’adresse, et nous les vérifions avec vous avant toute offre.
- L’état des lieux d’entrée, obligatoire et contradictoire, annexé au bail.
Combien de temps faut‑il pour trouver et signer un local dans le 2e ?
| Étape | Durée courante |
|---|---|
| Définition du projet et des critères | 1 semaine |
| Recherche et visites | 2 à 8 semaines, selon le format recherché |
| Offre, négociation, acceptation | 1 à 2 semaines |
| Constitution du dossier et des garanties bancaires | 2 à 6 semaines |
| Rédaction et signature du bail | 2 à 4 semaines |
| Déspécialisation éventuelle, travaux, autorisations | variable |
Comptez deux à quatre mois entre le début de la recherche et la remise des clés, hors travaux. Deux postes dérapent régulièrement : la mise en place de la garantie bancaire, rarement inférieure à trois semaines, et, propre au 2e, la procédure de déspécialisation quand l’activité visée n’est pas couverte par le bail repris. Engager ces deux démarches dès l’acceptation de l’offre fait gagner un mois.
Ce qu’il faut retenir
- Trois voies d’entrée coexistent dans le 2e : la location pure, fréquente dans le Sentier ; la reprise d’un droit au bail, la règle sur Montorgueil et dans les passages ; le rachat d’un fonds de commerce, quand c’est la clientèle qui se paie.
- La destination du bail se vérifie avant le loyer : beaucoup de baux ont été écrits pour le commerce de gros textile.
- Une déspécialisation peut coûter une indemnité et une révision du loyer : un droit au bail bon marché n’est pas toujours une bonne affaire.
- Faites rédiger une destination large à la signature : c’est elle qui fixera le nombre d’acquéreurs de votre fonds.
- Montorgueil, le Sentier, la Bourse, les Grands Boulevards et les passages ont cinq clientèles et cinq calendriers différents.
- Réserves et sous-sols se comptent en surface pondérée, jamais en surface brute.
- Depuis la loi du 26 mai 2026, l’ensemble des garanties exigibles est plafonné à un trimestre de loyer, dépôt et garantie bancaire confondus.
- Ce n’est plus le montant qui se négocie, mais la forme de la garantie et sa dégressivité dans le temps.
- La garantie protégeant moins le bailleur, c’est la qualité du dossier du candidat qui emporte désormais la décision.
- Le preneur peut demander à payer son loyer mensuellement plutôt que par trimestre d’avance, y compris sur un bail en cours.
- Trois documents se lisent avant toute offre : le bail, le règlement de copropriété et les derniers procès-verbaux d’assemblée générale.
Questions fréquentes
- Combien coûte la location d’un local commercial dans le 2e arrondissement ?
- Il n’existe pas de prix unique. Dans le 2e arrondissement de Paris (75002), le loyer est nettement plus élevé rue Montorgueil ou dans les passages, où l’offre est rare, que dans le Sentier, où elle est plus large. Il se négocie par an, hors taxes et hors charges ; il faut y ajouter les charges, la taxe foncière si elle est refacturée, les honoraires, les garanties et, souvent, un droit au bail.
- Peut-on ouvrir un restaurant dans un ancien local de textile du Sentier ?
- C’est possible si trois conditions sont réunies : une destination du bail qui l’autorise ou que l’on peut étendre, un règlement de copropriété qui ne l’interdit pas, et une extraction existante ou réalisable. La troisième est de loin la plus difficile à obtenir.
- Qu’est-ce qu’une déspécialisation ?
- C’est la modification de l’activité autorisée par le bail. Partielle, elle ajoute des activités connexes ou complémentaires. Plénière, elle change complètement d’activité, selon une procédure encadrée par les articles L145-47 et suivants du Code de commerce, et le propriétaire peut demander en contrepartie une indemnité et une révision du loyer.
- Quelle différence entre céder son droit au bail et céder son fonds de commerce ?
- Céder son fonds de commerce, c’est vendre l’activité : la clientèle, l’enseigne, le matériel, les contrats, et le droit au bail qui les accompagne. Aucune clause ne peut interdire la cession du bail à l’acquéreur du fonds, l’article L145-16 du Code de commerce la répute non écrite. Céder son droit au bail seul, sans l’activité, est une opération différente : le bail peut l’interdire ou la soumettre à l’accord du bailleur.
- Que faut-il vérifier sur l’extraction avant de louer un local de restauration ?
- Trois points. La nature du conduit, intérieur à l’immeuble ou extérieur en façade ou en cour. Son diamètre et sa sortie, qui doit se faire en toiture pour une cuisson. Et le droit de l’utiliser, qui doit être attaché au lot ou expressément autorisé par l’assemblée générale des copropriétaires.
- Qu’est-ce qu’une garantie autonome à première demande ?
- C’est l’engagement d’une banque de verser au bailleur, à sa simple demande, le montant garanti, sans pouvoir opposer les contestations du locataire. Prévue à l’article 2321 du Code civil, elle est plus protectrice pour le propriétaire qu’une caution ordinaire, ce qui explique sa généralisation sur les baux commerciaux parisiens.
- Quel montant de garantie un bailleur peut-il exiger ?
- Depuis la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, l’article L145-40 du Code de commerce plafonne à un trimestre de loyer l’ensemble des garanties exigibles du preneur. Le plafond couvre aussi bien le dépôt de garantie que la garantie bancaire, la caution ou toute autre sûreté : elles ne s’additionnent pas au-delà de ce maximum. La règle est d’ordre public et vise les locaux de commerce de détail ou de gros et les prestations de services commerciales ou artisanales ; les bureaux à usage exclusif et les entrepôts en sont exclus.
- Un bailleur peut-il encore demander une garantie bancaire en plus du dépôt de garantie ?
- Il peut combiner plusieurs formes de garantie, mais leur total ne peut pas dépasser un trimestre de loyer. Un dépôt de trois mois assorti d’une garantie bancaire supplémentaire excède le plafond légal, et la clause qui le prévoit est réputée non écrite.
- Le loyer d’un bail commercial se paie-t-il par mois ou par trimestre ?
- Traditionnellement par trimestre et d’avance. Depuis la loi du 26 mai 2026, le preneur d’un local de commerce de détail ou de gros, ou de prestations de services à caractère commercial ou artisanal, peut demander le paiement mensuel s’il est à jour de ses loyers et charges. Cette faculté est d’ordre public, vaut pour les baux en cours et prend effet à l’échéance suivante.
- Le loyer est-il calculé sur toute la surface du local ?
- Non, il se raisonne en surface pondérée. La surface de vente en rez-de-chaussée compte pleinement, tandis que les réserves et sous-sols comptent pour une fraction. Deux locaux de même surface brute peuvent donc avoir des valeurs locatives très différentes, ce qui est fréquent dans le 2e.
- Qu’est-ce qu’une franchise de loyer et comment l’obtenir ?
- C’est une période pendant laquelle le preneur ne paie pas de loyer, accordée en contrepartie de travaux ou d’un engagement de durée. Elle se négocie avant la signature et doit figurer dans le bail. Un ancien local de gros à transformer la justifie pleinement.
- Peut-on ouvrir le dimanche dans le 2e arrondissement ?
- Oui, pour de nombreuses activités. La restauration, les cafés et l’hôtellerie bénéficient d’une dérogation permanente au repos dominical et ouvrent le dimanche sans autorisation particulière. Pour les autres commerces, les possibilités dépendent de l’activité exercée et de l’adresse : nous les vérifions avec vous avant toute offre, pour que votre prévisionnel repose sur le bon calendrier.
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